Influence

  • Frederick Lebrecht
  • Histoire

Nous avons tous été marqué, au collège, au lycée ou à la Fac, par un enseignant; un enseignant différent, un enseignant qui nous captivait par son savoir, sa culture, ses blagues, son charisme. Un enseignant qui vous donnait envie d'étudier ou de vous surpasser. Un enseignant dont vous buviez les paroles et qui fut un déclic, au point de vous donner envie d'embrasser la profession.

J'ai éprouvé cela à deux reprises au cours de ma scolarité, très longue scolarité. Le premier nous a enseigné l'histoire-géo en Terminale. Alors, pas la 1ère Terminale, mais la seconde. Oui, je suis resté assez longtemps au lycée... Mr Desmet était un petit bonhomme à 1 an de la retraite. Toujours vêtu d'un costume, le plus souvent vert, il ne se mettait jamais en colère, parlait doucement et sortait des sentiers battus pour nous enseigner plus que l'HG : la culture G. J'ai pris conscience, tardivement, que c'est grâce à lui que j'ai eu envie d'entrer en Fac d'histoire. 21 ans plus tard, je m'en inspire pour enseigner et sur un public difficile qui fut le mien pendant 10 ans, pour ce public inculte, soyons franc, et bien ça a marché.

Le second est mon maître, mon directeur de recherches, Philippe Guignet. J'ai reçu une claque, en 1ère année, lors de mon première cours d'histoire moderne à Lille 3. Un type assez austère au 1er abord, un type droit, le parfait prof d'histoire, avec la cravate sous le pull. Je n'ai jamais pris autant de plaisir à écouter un prof nous parler du droit au XVIIe siècle ou du monde des villes. Il est le pourquoi de ma passion pour l'histoire moderniste. C'est grâce à lui que je suis maintenant historien. Son soutien fut indéfectible. Il m'a guidé, conseillé, encouragé et surtout fait confiance, en licence, en maîtrise ah ! les fameux bourgeteurs lillois), en DEA (les artisans des cuirs et peaux...) et enfin en thèse.

Je venais d'être reçu au CAPES et me suis retrouvé dans son bureau, le sollicitant pour m'inscrire en thèse. Il fut de suite enthousiaste. Je pensais poursuivre mon aventure lilloise et me concentrer sur les 40 autres corporations. Il trouvait le sujet peu intéressant. Il me parla alors de Douai et d'une famille noble, inconnue au bataillon : la famille de Lalaing (que j'écrivis Dellalin). Il me dit simplement "allez voir aux archives de Douai". J'y suis donc allé et suis tombé sur un fonds exceptionnel, 42 mètres de papiers jamais étudié. Cela a duré 7 ans, car il n'avait pas mentionné qu'il y avait des archives aux quatre coins de l'Europe, et principalement en Belgique. Bref... vous connaissez la suite.

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