Le GulfBank642 Marathon (Une semaine de runs - 11 au 17 novembre)

Nous y sommes enfin ! Après des mois d'attente, d'entrainement, d'excitation, c'est le jour J. J'étais inscrit à ce marathon depuis février. 

Ce n'est pas la première fois que je participe au GulfBank 642. L'an dernier, je faisais le semi-marathon tout comme en 2014. Le semi de 2014 fut catastrophique. Il faut dire qu'à époque, j'affichais près de 20 kilos de plus sur la balance, je fumais encore et je n'avais plus aucun entrainement. Depuis mon expatriation, l'année précédente, je ne courais plus ou presque. 

Cette année, je me sentais affuté, prêt et la motivation était à son comble. D'autant plus motivé, que cette course devait être festive puisque je courais en compagnie de deux collègues, Mansour et mon acolyte que vous connaissez bien désormais, Manu. 

 

Plusieurs élèves du collège et du lycée nous accompagnaient aussi. Les plus jeunes participant au 5K, les Secondes, au 21K. 

 

 

Avant un départ, il y a toujours un subtil malange d'euphorie, d'anxiété, d'appréhension. Tu prépares une course des mois durant, te voilà enfin sur la ligne de départ et tu appréhendes; tu imagines le pire. Et le pire va arriver ... au 29ème, 36ème et à l'arrivée . 

Le départ est lancé avec comme toujours de longues, d'interminables minutes de retard. Tu bouillonnes d'impatience comme tes voisins les yeux rivés sur leur montre et le doigt prêt à appuyer sur "Start". 

Enfin, le gunstart se fait entendre. Tu te frayes un passage en lançant ton iPod. Toujours le même titre pour le départ, toujours le même depuis ta première course sérieuse au Koweït, il y a 1 an : #The Age of Love remixé par Solomun. Ce titre te permet de caler ta foulée, de trouver ton rythme .. sauf que tu te cales sur un rythme de 21K et non sur celui d'un 42K. 

Les 1ers kilomètres se font sur un pace trop rapide, mais c'est l'euphorie du départ. Il y a de l'ambiance, de la musique, des encouragements, tu traverses le vieux souk où tu te baladais la semaine dernière et où tu servais de guide. 

 

 

Le parcours, tu le connais ... après le vieux souk, direction le ministère du pétrole, puis ce sera retour vers le point de départ, Souq Sharq et son fish market.

 

Tu commences à croiser les copains au demi-tour puis tes élèves qui courent le 21K. Ils sont courageux tant ils souffrent déjà. Toi ? tu es bien. Tu avances tranquillement vers le 10K en slalomant entre les coureurs du 5K qui quittent Kuwait City. 

Une fois passé le point de départ, te voilà seul ou presque avec les coureurs du 21K et du 42K. Tu sais qu'il te reste 4 boucles à parcourir mais tu ne penses pas aux difficultés, au "dur". Tu te ravitailles, penses-tu, correctement. Tu avales les gels et tu bois régulièrement. Tu viens le finir le 21K et ton pace est toujours très bon. Tu viens d'ailleurs de battre virtuellement ton temps de l'an dernier. La 1ère boucle est achevé. Te reste donc un second semi à parcourir. Tu ne penses à pas grand chose ou presque : les musiques qui tournent te font penser à la France.

Au 27e K, les cuisses tirent un peu. Les jambes fatiguent ... le rythme imposé est costaud. Tu viens de passer un ravito et puis ... tu lis sur ta montre que tu arrives au 29e K. Tu penses alors "tiens, je vais bientôt aborder le mur, le fameux mur". Tu crois passer au travers du mur tant redouté par les marathoniens. Ce mur qui s'explique par l'épuisement des ressources en glycogène. Et puis .... la machine s'arrête nette. Impression qu'on vient de te débrancher. Les jambes ne veulent plus avancer. Tu fais alors quelques pas, tu t'arrêtes et tu ressens alors les premières crampes. Un gel avalé associé à un peu d'eau et malgré les crampes, tu redémarres. Tu sais désormais que ce marathon va se finir au mental. 

 

Le rythme a bien sûr baissé. Ton objectif temps est désormais oublié. Tu sais que tu ne feras pas moins de 3h30. Tu recroises Mansour et Manu. Mansour est pas mal. Il garde le même rythme. Manu souffre par contre. Ses traits sont tirés. Tu aimerais avoir un miroir pour voir à quoi tu ressembles. Patience ... 

 

Encore un tour ... plus qu'un. Tu passes devant les membres du FitK, tes "copains" philippins avec qui tu cours parfois en live et en virtuel. Ils t'encouragent. L'énergie revient un peu mais pas pour longtemps car au 36e, la machine s'arrête à nouveau. Impossible d'avancer. Les jambes sont traversées par de terribles crampes. Tu sais que tu es parti trop vite et que tu manques de sels minéraux. Tu dois t'asseoir un peu. Un anglais ou australien échange quelques mots avec toi. Un coureur qui fait le semi avec son enfant en poussette adaptée te donne de l'eau. Mansour arrive à ta hauteur, te tape sur l'épaule et tu repars. 6K et tu seras marathonien. 6K, ce n'est rien, 6K, tu fais cela en 25mn. Tu cherches des grammes de courage.

Les K défilent ... 5, 4, 3, 2 et enfin le dernier kilomètre. Tu dois encore franchir le pont menant à la ligne d'arrivée. La dernière ligne droite, sans doute la plus dure. Tu croises alors une coureuse que tu croises souvent sur les races et que tu follows sur Instagram. Elle te reconnait, t'encourage et te filme. Tu la remercies du bout des lèvres. Tu n'en peux plus. Tu es épuisé. Tes traits sont tirés. Tu es cadavérique. 

 

Tu franchis enfin cette ligne d'arrivée. Tu as tellement imaginé ce jour où tu deviendrais marathonien. Tu te sens délivré. Tu récupères la médaille, fais quelques pas. Tu es fier de toi, déçu en voyant ton chrono et surtout épuisé. Mais tu es enfin marathonien. C'est le premier d'une longue série car tu sais que malgré la fatigue et le dégout que te fais ressentir celle-ci, tu recommenceras. D'ailleurs, le prochain est prévu trois semaines plus tard ...

 

La suite est plus délicate... Je me suis écroulé de fatigue et de crampes. Je me suis allongé sur le tapis rouge de l'arrivée puis j'ai demandé à Mansour d'appeler le staff "secours". Tes jambes te font atrocement souffrir. Direction la tente des premiers secours. Massages, glace, étirements ... rien n'y fait. Tes jambes sont aussi dures que du bois. 

La suite est plus délicate ... car tu vas passer deux heures dans un lit d'hôpital avec une perfusion. Tu es complètement déshydraté. 

Tu as fait n'importe quoi. Tu es parti, au risque de te répéter, trop vite et tu as mal gérer les ravitos. Tu ne referas plus la même erreur ... tu l'as promis. 

 

Ce fut néanmoins une magnifique expérience, unique, intense. 

 

 

 

 

 

 

Le GulfBank642 Marathon (Une semaine de runs - 11 au 17 novembre)
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