Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1

Le train part à 8.03 et dans un peu plus de 3h, je serai à Strasbourg, Strasbourg où m'attendra Manu pour ce trail dont nous ne savons rien ou si peu. 1300 D+ et 33K. Voilà le programme. 

 

Tu partages excitation et appréhension. L'endurance, tu la possèdes. Par contre, tu ne connais que le bitume, le bitume koweitien et celui des routes traversant mes contrées nordistes : Tourcoing, Mouvaux, Marcq, Bondues etc … . Tu connais le désert. Tu parcours quelques chemins mais rien d'aussi vertigineux que la montagne, toute moyenne qu'elle puisse être. Néanmoins, tu te dis "souffle le vent" et tu verras bien. 

 

Pour l'heure, dans ton train, tu écoutes tes éternels musiques, de nouvelles playlists inspirées, des podcasts et tu discutes avec d'heureux vacanciers faisant le marché du côté de Carcassonne. Encore 1 mois, et on se reverra. 

 

 

 

 

 

 

Arrivé à Strasbourg, Manu est là. Cela fait du bien de voir son pote et acolyte de course; si loin de nos sables koweitiens. En voiture pour quelques heures de route : direction Obey puis le lac blanc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrêt dans un petit village dont le nom m'échappe afin de déjeuner "local" (spättzle et giroles).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les paysages sont superbes : forêt noire à l'horizon, forêts vosgiennes et montagnes qui se dressent devant toi, châteaux du bas Moyen-Age et de la fin du XVIIIèmesiècle. Sans oublier les coteaux de vignoble. Impressionnant, mais tu ne salives pas en voyant les caves car tu ne bois pas de vin. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin l'hôtel, au pied de l'arrivée de la course de dimanche : nous nous donnons une petite heure avant de partir pour un mini-trail sur les traces de notre prochaine course. Saces sur le dos, eau dans la poche destinée, un peu de ravito et nous partons à la conquête d'une partie du GR. 

Près de 14K plus tard, après des chemins escarpées, boisés, des chemins de chaume et de tourbe, nous rentrons épuisés par le D+. L'altitude aussi nous a mis un peu dans le dur. Tu sens que dimanche, tu vas en chier. 

 

Douche, repos et une autre épreuve commence … trouver du réseau pour téléphoner et trouver du wifi ou à défaut de la 4G pour checker tes messages. Peine perdue à l'hôtel … tu ne captes rien. Putain de montagnes … putain de forêts. Alors, tu pars à la recherche de quelques barres de réseau. Tu marches jusqu'au moment où tu reçois une notification. Enfin des news de tes filles et surtout d'Eugénie bien heureuse d'être restée seule chez nous, d'Athénaïs en vacances à La Baule. Tu reçois aussi des messages des copains qui suivent ton petit périple et tu envoies des news et photos du côté d'autres remparts, non pas vosgiens mais carcassonnais. 

 

Tu vas bien dormir cette nuit … En fait … non. 

 

 

 

Samedi matin, 7h, tu chausses tes trails et tu vas taper un petit 12K avant le petit-déj'. Tu choisis les lacets bitumeux et tu franchis 2 cols, dont celui du calvaire. Tu en chies car il faut caler ta respiration. Mais tu te sens finalement bien. Les paysages et ce qui sort de ton iPod t'ont transporté. 

 

Un petit-déj' plus tard, Manu te dis "Rdv dans une petite heure ! ". Ok … tu viens de faire 12 bornes, tu es en pleine digestion et tu vas remettre ça pour un mini-trail de 8K sur les pistes de ski de fond serpentant à travers la forêt. Le rythme est bon. Tu arrives même à courir en pleine conscience. Des idées se bousculent dans ton esprit. Tu ne penses qu'à deux choses et l'une est ce foutu 33K de demain. La beauté des paysages te transporte. Souffle le vent. Tu penses aussi à Kate Bush, running up that hill.

 

Run fini. Heureux. Vidé. Douché.

 

 

 

 

 

 

 

Direction Kaysersberg, village natal du Dr Schweitzer. Resto trouvé. Nous ne dérogeons pas à la règle : flammekuche, mais aux champignons et non au lard. Nous sommes fatigués; sans doute suis-je enivré par un air pur que j'ai perdu l'habitude de respirer … Le retour se fait tranquille avec un arrêt achat bouteilles d'eau, gazeuse, pour le lendemain et la récup'.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'après-midi se déroule lentement au gré de sieste, lecture et recherche de réseau. Tu es allé récupérer ton dossard et tu as croisé tes futurs éphémères copains de course. C'est du concret !!!

 

Après un repas du soir passé à échanger sur nos espérances pour le lendemain mais aussi à évoquer notre projet pour août 20, tu redescends et enfin tu peux donner et recevoir des nouvelles de vive voix. Cela te donne du courage pour demain. 

 

Nuit agitée, très peu de sommeil, tu cogites sur ta fin de vacances, sur ta dernière année au Koweït avant un ailleurs, tu écoutes encore la playlist. 

 

 

 

 

 

4h10 de course, une chute, de belles blessures … plus tard. 

 

L'après-course va se gérer simplement : repos, calme et tu te refais le film. Tu passeras de longs moments à rassurer la famille, lui dire que tu as "triomphé" des sentiers, des racines, des roches … Et tu leur expliques que l'an prochain, tu vas partir sur un 220K … Car tu en veux plus. Tu essaies de joindre les pré-Pyrénées. L'an prochain tu y seras pour le GRP. 

 

Tu souffres. Tes jambes sont lourdes et les blessures n'arrangent rien. Tu rejoins Manu au diner. Tu croises un coureur avec qui tu échanges sur la technicité du parcours et ses dangers. Tu es fier de toi. Par contre, il va falloir trouver le sommeil. Tu es épuisé mais essaye de trouver une position adéquate pour tes jambes blessées. 

 

Lundi matin, 7h. Une folie, de l'inconscience certains diront. Mais tu chausses tes trail. Ton cerveau réclame sa dose d'endorphines. Tu n'as jamais fait de pause après une course. Tu faisais un peu de tapis au Koweït. Ici, tu gagnes la piste de la veille, et tu pars douloureusement pour un petit 8K. Les premiers K sont laborieux, mais tu connais ton corps. Il va repartir … au bout de 4K. Tu cours détendu, serein. Tu en profites aussi car tu sais que tu ne reviendras pas sur cette course l'an prochain car tu veux plus. 

 

Mon train est à 15h. J'ai hâte de retrouver Eugénie. Pause déjeuner à Strasbourg. Courte ballade dans les rues de la ville, passage devant l'ENA et petite pensée pour Athénaïs. 

 

 

 

 

Dans le train, tu regardes le paysage, tu repenses à ces 3 jours. Encore 4 jours. 

 

Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Trail des crêtes vosgiennes – de J-2 & J+1
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
F.L -  Hébergé par Overblog