Parfois ... il faut savoir s'arrêter ...

  • A Point of View
  • Running, Nike

Samedi 24 août. 16h. 

 

Il crève de chaud (pour le Nord de la France, c'est le retour de la canicule dit-on). Tu vas prendre le départ de ta seconde course de l'été dans les Monts des Flandres, après celle du Mont des Cats. Tu es au Mont Cassel et tu vas courir un 9.3K avec un D+ assez faible, moins de 200m mais des pentes à 17% et donc l'ascension du Mont sur les 3 derniers K après, évidemment, l'avoir descendu. 

 

Mes filles m'accompagnent. Elles ont râlé un peu, comme d'habitude. Il fait trop chaud, mais au final, elles auront apprécié. Surtout, qu'une belle soirée nous attend … en famille. 

 

Cassel me rappelle mes années, primaire et collège. C'était une des sorties "pédagogiques" de l'année. Cassel est connu pour son moulin mais aussi pour sa célèbre #bataille remportée par les armées de Louis XIV en 1677 contre les troupes hollandaises. 

 

 

 

 

J'aime ce genre de petite course, course de "village". La plupart des coureurs n'y participent que pour retrouver les copains et gagner la bouteille de bière "locale", offerte à la fin de la course. Les monts des Flandres sont terres de houblon. 

 

16h, ligne de départ. Musique dans les oreilles, playlist complétée depuis la veille, vendredi. 

Tu ne démarres pas en trombe car tu sais que tu vas te taper des pavés et une belle montée. Tu es tranquille. Tu croises les filles qui te shootent, puis tu entreprends près de 5K de descente sur bitume. Tu laisses les jambes tournées. Tu regardes les paysages champêtres, les panneaux indiquant de petites villes et villages aux noms bien des Flandres maritimes : Estaires, Zuytpeene, Godewaersvelde, Meteren …

 

Tu doubles sans forcer quelques coureurs, tu prends le temps de boire au 1erravito. Tu es bien. Tu focalises sur une seule pensée. 

 

La seconde partie de course sera différente. Outre la chaleur, tu attaques la montée. Tu ralentis, les jambes sont lourdes et le souffle te manque. Tu es en surrégime. C'est rare. Le second ravito n'améliore pas les choses. Les bénévoles tout aussi sympathiques qu'ils puissent être, gèrent mal. Tu veux prendre un "verre" d'eau mais celui qui te le tend soustrait sa main. "Quoi … tu ne veux pas me donner de l'eau ???". 

Tu bois quand même avant d'attaquer les deux derniers K. Mais, putain que tu souffres. 

 

Il ne reste qu'un 1.5K. Tu n'en peux plus. Putain … tu viens de faire les Crêtes vosgiennes, tu cours plus de 400 bornes par mois et là … tu cales ? Rien n'y fera. Tu essaies de lancer le mental. Tu focalises encore plus sur la soirée qui t'attend. Mais rien. Tu paies un peu les runs de cette semaine. Tu aurais du relâcher un peu. Alors … tu t'arrêtes. Alors, tu marches. C'est la première fois depuis 5 ans et un semi-marathon catastrophique au Koweït. Mais à l'époque, tu fumais, tu manquais d'entrainement et surtout, tu affichais 18 kilos de plus sur la balance. 

 

Tu marches pendant quelques centaines de mètres. Quelques coureurs te dépassent … mais tu t'en fous. Tu reprends ton souffle. Et la machine se remet en marche. Tu redémarres et tu cours sur les 800 derniers mètres.

Des encouragements et tu vois la ligne d'arrivée. Tu cherches tes filles du regard. Le speaker annonce ton nom. Tu es heureux, vidé mais heureux. Tu finiras 35e. Tu te fous de ton chrono. Tu viens de boucler la dernière course de ton été français. Vivement ce soir. 

Parfois ... il faut savoir s'arrêter ...
Parfois ... il faut savoir s'arrêter ...
Parfois ... il faut savoir s'arrêter ...
Parfois ... il faut savoir s'arrêter ...
Parfois ... il faut savoir s'arrêter ...
Parfois ... il faut savoir s'arrêter ...
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